Les deux soeurs soleil

Introduction: 

Les deux sœurs sont « le soleil » des aveugles
Article paru dans le journal "Le Maine libre" le 15 avril 2016

Les deux soeurs Depuis qu’elles ont poussé la porte de l’association Valentin-Haüy, l’AVH, Clémence et Hortense apportent leur générosité et leur joie de vivre aux aveugles et malvoyants.

« Elles sont notre soleil depuis toutes ces années », sourit Marie-Odile, bénévole à Valentin-Haüy. L’histoire n’est pas ordinaire, car Clémence et Hortense Bellesort n’avaient que 10 et 11 ans lorsque, accompagnées de leur mère, leur irruption a changé la vie de l’AVH, rue Auvray, tout près de la préfecture.

« Plus jeune, maman était donneuse de voix, à Rennes. Elle enregistrait des lectures de livres, sur cassette, témoigne Clémence. Elle a voulu nous faire partager l’expérience si enrichissante du bénévolat. »

À peine sorties de l’enfance, pas encore adolescentes, les deux collégiennes de Saint-Louis participent dès lors, chaque jeudi après-midi, aux activités de cette association qui lutte contre l’isolement des malvoyants.

 

Scrabble et torball

Elles apportent leur fraîcheur et leur gentillesse, participent aux parties de Scrabble, aident à la préparation de l’immuable goûter, à la vaisselle. C’est ici qu’Hortense a passé son stage de 3e : elle préparait le courrier en vue des portes ouvertes.

Damien, Michel, dit « l’Amiral » à cause de sa casquette, Yves (celui qui compte les points), Yvettes, Béatrice, le président Prosper Ratovondriaka et les autres n'ont pas vingt ans. Mais une complicité s’est nouée et la fidélité des deux jeunes femmes a emporté l’adhésion de chacun.

Le samedi, Clémence et Hortense enfilent une autre casquette : supportrices de l’équipe locale de Torbal, un sport collectif réservé aux non-voyants. Arbitres, ramasseuses de balles, elles assistent l’entraîneur, Frédéric Geffard. « Un grand pédagogue. Son contact nous apprend beaucoup. » Parfois, les deux sœurs accompagnent l’équipe dans de longs déplacements.

 

« Ils sont devenus des amis »

Clémence, l’aînée, 16 ans désormais, prépare son bac littéraire à Montesquieu. L’an prochain, elle pourrait filer en classe préparatoire à Rennes, Nantes ou Paris, voire dans un institut de science politique. Pour elle, une page risque de se tourner, avec émotion.

« Les non-voyants font preuve d’une incroyable gentillesse, de bienveillance, d’humour et de beaucoup d’autodérision. C’est un échange, car eux aussi sont rafraîchissants ! Nous avons créé des liens très proches, ils sont devenus des amis. Alors, j’aimerais tant que d’autres jeunes prennent notre relais… »

Siège de l’association Valentin-Haüy, hier. Clémence (pull vert) et Hortense sont bénévoles depuis l’âge de 10 et 11 ans !